Chirurgie réparatrice des cancers ORL


 

La chirurgie réparatrice des cancers de la sphère ORL est un impératif chirurgical qui s’impose de façon quasi systématique, au cours de la même intervention, après l’ablation du cancer primitif et le plus souvent des ganglions du cou.

 

D’une façon générale, des progrès majeurs dans la chirurgie réparatrice des cancers de la face et du cou ont été réalisés cette dernière décennie.

Cette réparation répond à des impératifs ambitieux après une chirurgie qui vise la guérison. Elle vise à diminuer les complications post opératoireset les séquelles afin de faciliter la réinsertion socioprofessionnelle et le retour à une qualité de vie optimale.

Elle signifie la maîtrise de la technique des greffes que sont les lambeaux, du plus simple au plus complexe.

Ces greffes sont prélevées sur le malade lui-même par une équipe chirurgicale entraînée, comme c’est le cas au Centre Antoine-Lacassagne, grâce à l’expérience acquise par la pratique quotidienne quasi exclusive de cette chirurgie depuis de nombreuses années.

 

Le développement des lambeaux vascularisés sur leur pédicule puis des lambeaux libres prélevés à distance et micro revascularisés, permet d’augmenter les marges de sécurité de la chirurgie du cancer grâce à la possibilité de réparation de grandes surfaces ou le comblement de volumes importants (cancers infiltrants). Ces lambeaux permettent aussi la réparation de structures anatomiques complexes comme la mandibule (greffon osseux de péroné ou d’omoplate), ou les différentes structures de la cavité buccale comme la langue, le voile ou le palais.

 

Par ailleurs, les lambeaux vont permettre de fermer toute communication créée par l’acte chirurgical entre les cavités aéro-digestives supérieures et le cou et protéger les vaisseaux carotidiens en évitant une fistule ou une infection cervicale. Ceci implique la maîtrise de la réalisation du procédé choisi par une équipe entraînée avec une fiabilité optimale du lambeau et une séquelle minimale.

 

D’autre part, la réinsertion socioprofessionnelle et la restauration de la qualité de vie doivent être prises en compte d’emblée. Il s’agit de limiter les séquelles fonctionnelles par la préservation ou le rétablissement des fonctions de mastication, de déglutition, d’élocution et d’ouverture buccale, mais aussi de diminuer le dommage esthétique à la fois de la face, du cou et du site de prélèvement de la greffe. C’est donc savoir utiliser des techniques fiables pour conserver la mobilité de la langue, restaurer la continuité de l’os mandibulaire, restaurer la cavité buccale ou préparer et faciliter une réhabilitation dentaire ultérieure. Pour cela, il faut disposer d’un large choix de moyens de reconstruction adaptés à chaque type d’ablation avec un objectif de réussite maximale.

 

Les techniques les plus modernes sont assurées par notre service pour la réparation mandibulaire ou pour la reconstruction étendue de la cavité buccale et du pharynx, ou le rétablissement de la continuité digestive entre le pharynx et l’oesophage après pharyngolaryngectomie totale élargie.

 

Toutes ces techniques vont trouver une place de choix dans la réparation des tissus radionécrotiques ; il s’agit d’une chirurgie délicate et difficile, comme celle de la prise en charge d’un pharyngostome ou d’une ostéoradionécrose mandibulaire survenant après une radiothérapie cervicale.

 

Enfin, la réhabilitation du patient laryngectomisé permet actuellement d’obtenir des résultats particulièrement gratifiants grâce à la mise en place simultanée d’une prothèse phonatoire. L’utilisation précoce de filtres de trachéostome, puis d’une valve phonatoire dite « mains libres » permet une vocalisation quasi naturelle grâce à une rééducation orthophonique adaptée.

fleche_retour-bleue
Écrit par Administrator - 2 septembre 2010

Pourquoi choisir le CAL