Du traitement à la reconstruction

La chirurgie du sein concerne en premier lieu le traitement des cancers, mais aussi des anomalies du sein non cancéreuses qui parfois nécessitent d’être retirées, mais aussi la chirurgie de reconstruction qui fait partie intégrante du traitement.

Le traitement chirurgical des cancers du sein peut s’envisager en fonction de la situation en réalisant :
– soit une chirurgie dite « conservatrice », qui permet de ne retirer que la zone du sein concernée par la tumeur .
– soit une chirurgie  plus « radicale » appelée mastectomie, qui consiste à retirer la totalité de la glande mammaire.
– Il est très souvent nécessaire d’associer au geste sur le sein le prélèvement de quelques ganglions sous l’aisselle (ganglions sentinelles) ou de l’ensemble des ganglions (curage axillaire).

En cas de chirurgie conservatrice, dans la mesure du possible, un soin particulier sera porté à ce que le sein garde un galbe et une forme satisfaisante, si besoin en utilisant des techniques dites « d’oncoplastie » (techniques de chirurgie esthétique adaptées à la cancérologie mammaire).
Dès lors qu’une mastectomie est envisagée, ce qui est la cas dans environ 30% des cas, il y a toujours une place pour la reconstruction du sein.

Lorsqu’il est nécessaire de réaliser une chimiothérapie et / ou une radiothérapie en complément de la mastectomie, la reconstruction se fera plus volontiers quelques mois après la fin des traitements, il s’agit d’une reconstruction secondaire.

Si la situation le permet, (en fonction des caractéristiques histologiques de la tumeur déterminées après la biopsie et du bilan d’imagerie) il est parfois possible de réaliser la reconstruction du sein dans le même temps que celui de la mastectomie, on parle de reconstruction immédiate.

Il est également pratiqué la chirurgie « prophylactique » (préventive) des seins lorsqu’une femme présente un risque important de développer un cancer du sein, souvent en rapport avec un risque génétique.
La reconstruction du sein au Centre Antoine Lacassagne est pratiquée par des chirurgiens sénologues formés à la reconstruction ou par des chirurgiens plasticiens.

Techniques actuelles de reconstruction proposées

  • Reconstruction par prothèses mammaires
  • Reconstruction par lambeau de grand dorsal permettant soit de réaliser une reconstruction autologue (avec ses propres tissus) ou en y associant une prothèse. En cas de reconstruction immédiate, le prélèvement du grand dorsal peut-être réalisé par voie endoscopique, ce qui permet de réduire considérablement l’importance de la cicatrice dorsale.
  • Reconstruction par lambeau abdominal DIEP  permettant également une reconstruction strictement autologue.
  • Reconstruction par lipomodelage : reconstruction du volume du sein en utilisant la propre graisse de la femme prélevée par liposuccion là où elle est présente (ventre, cuisses, lombes…) et réinjectée dans le sein.

Le choix de la technique de reconstruction est déterminé avec le chirurgien en fonction de différents critères (comme par exemple la morphologie de la femme, le volume des seins,  la qualité de la peau, les facteurs de risques de mauvaise cicatrisation tel la radiothérapie, le tabagisme…) et bien sûr du souhait de la patiente dans la mesure du possible.
La chirurgie de reconstruction implique le plus souvent la réalisation d’une chirurgie de « symétrisation de l’autre sein pour obtenir la meilleure harmonie possible entre les deux seins. Pour cette symétrisation, il peut-être envisagé en fonction de la situation soit de réduire ou de remonter l’autre sein, ou bien de l’augmenter en mettant un petite prothèse.

Le lipomodelage est également souvent utilisé pour améliorer le résultat esthétique du sein reconstruit.
Pour terminer la reconstruction, il est systématiquement proposé de reconstruire le volume du mamelon (petite intervention réalisée sous anesthésie locale)  ainsi que l’aréole en réalisant un tatouage (dermopigmentation).

Hospitalisation en Ambulatoire

Notre service de chirurgie du sein favorise pour les interventions qui le permettent, l’hospitalisation ambulatoire, ce qui signifie que l’arrivée de la patiente se fait le matin même de l’intervention, et sa sortie quelques heures après, tout en assurant une prise en charge en toute sécurité. L’hospitalisation ambulatoire a pour objectif principal de diminuer le risque d’infections nosocomiales.

Ce mode d’hospitalisation implique une organisation rigoureuse du parcours qui commence dès la programmation de l’intervention et qui se termine par « l’appel du lendemain » effectué par une infirmière pour s’assurer que le retour à domicile et la nuit suivant l’opération se sont bien déroulés.

En 2015, au CAL, 48% des interventions de chirurgie conservatrice du sein ont été pratiquées en ambulatoire.

Les interventions de chirurgie du sein couramment pratiquées en ambulatoire sont les tumorectomies, les zonectomies, seules ou associées au geste ganglionnaire (ganglion sentinelle ou curage axillaire), ainsi que certains gestes de chirurgie de reconstruction (symétrisations, lipomodelages, reconstruction du mamelon).