La Radiothérapie

La Radiothérapie est un traitement locorégional des cancers. Elle consiste à utiliser des rayonnements (on dit aussi rayons ou radiations) pour détruire les cellules cancéreuses en bloquant leur capacité à se multiplier.
L’irradiation a pour but de détruire les cellules cancéreuses tout en préservant le mieux possible les tissus sains et les organes avoisinants.

Plus de la moitié des patients atteints d’un cancer sont traités par radiothérapie à une étape de leur parcours de soin.

Radiothérapie externe

La radiothérapie externe consiste à traiter les tumeurs avec des faisceaux de rayonnements (photons ou électrons) dont la spécificité est de détruire les cellules cancéreuses. Le Centre Antoine Lacassagne dispose d’équipements diversifiés en lien avec les techniques innovantes et l’évolution des connaissances scientifiques. Il peut ainsi proposer un traitement personnalisé et adapté :

  • 2 accélérateurs linéaires d’électrons à haute énergie (Varian) : ils permettent d’utiliser des faisceaux capables de s’adapter parfaitement au volume tumoral et de réaliser des traitements par modulation d’intensité afin d’optimiser la couverture tumorale, d’épargner les organes sains, et de diminuer les risques de complications.
  • 2 accélérateurs de tomothérapie (Tomotherapy) : c’est une technique de traitement guidée par l’image avec un accélérateur miniaturisé qui tourne autour du patient en spirale. La table du patient se déplace dans la longueur et permet de délivrer des traitements sur des volumes complexes et des volumes multiples. Chaque séance est vérifiée par un scanner de contrôle pour une balistique encore plus précise.

Radiothérapie de contact

traitements_pole_radiotherapie_1Référents : Pr Jean-Pierre GERARD – Dr Karen BENEZERY
La radiothérapie de contact est une technique d’irradiation en photons de basse énergie destinée aux cancers du rectum et de la peau.
« Ce traitement utilise des rayons X de 50 kilovolts à action très superficielle. Un tube miniaturisé est introduit à l’intérieur de l’anus, sous contrôle visuel avec un rectoscope, puis positionné au contact de la tumeur. L’irradiation très ciblée est ensuite délivrée à des doses élevées, ­durant une à deux minutes. Dans le cas des tumeurs rectales, cette ­radiothérapie s’effectue en ambulatoire et permet dans la majorité des cas d’éviter un anus artificiel ou de guérir sans opération. »
Pr Jean-Pierre GERARD

Les indications

Grâce à l’appareil Papillon 50, le Centre Antoine Lacassagne est en mesure de proposer une radiothérapie de contact pour traiter :

  • Les adénocarcinomes du rectum
  • T1, exérèse locale puis radiothérapie de contact (50gy) en 3 séances s’il y a un risque de rechute locale (histologie défavorable sur la pièce opératoire).
  • T2-T3 <5cm N0, pour les patients inopérables ou opérables.
  • Si Tumeur < 3 cm, la radiothérapie de contact (90 Gy en 3 séances J1, J14 J28 (ou J21)) est suivie d’une radio-chimiothérapie sur Canton 45-50 Gy avec capécitabine.
  • Certaines tumeurs cutanées notamment peri-orificielles (paupière, pointe du nez …).

Curiethérapie

    • traitements_pole_radiotherapie_2Référent : Pr Jean-Michel HANNOUN-LEVI

On distingue la radiothérapie externe et la curiethérapie :

    • dans la radiothérapie externe, les rayons sont émis en faisceau par une machine située à proximité du patient ; ils traversent la peau pour atteindre la tumeur.
    • dans la curiethérapie, des sources radioactives sont implantées directement à l’intérieur du corps de la personne malade.
  • « En 1901, alors que Pierre Curie rentre chez lui avec, dans sa poche, une petite barre de radium, il montre à Marie que la peau en regard de sa poche est rouge. En scientifique averti, Pierre va renouveler l’expérience en déposant du radium sur la partie supérieure de son avant-bras gauche et constate une nouvelle fois qu’apparaît une marque rouge, qui mettra près de 2 mois à cicatriser. La curiethérapie (CT) est née, comme souvent dans un savant mélange de “hasard” pris en main par des esprits éclairés. » Pr Jean-Michel HANNOUN-LEVI
    La curiethérapie permet d’irradier directement et à forte dose la tumeur ; son action étant très ciblée, elle présente peu d’effets secondaires.
    Au Centre Antoine Lacassagne, il est proposé une technique de curiethérapie « haut débit de dose » qui permet des traitements rapides. Cette technique permet de s’affranchir des anciennes contraintes de radioprotection de curiethérapie avec à présent une chambre standard, des visites autorisées, une durée de séjour courte et parfois un traitement en ambulatoire (sein).

Les indications :

  • Cancer de la prostate en complément d’une radiothérapie externe
  • Cancer du sein
    • – En première intention pour une irradiation partielle du sein : de 4 à 5 jours au lieu de 5 à 6 semaines.
    • – En cas de rechute locale : second traitement conservateur au lieu d’une mastectomie.
  • Cancer du col utérin après une radio-chimiothérapie concomitante : standard thérapeutique.

Cyberknife®

traitements_pole_radiotherapie_3Référent : Dr Pierre-Yves BONDIAU
Le CyberKnife® est actuellement le seul système de radiochirurgie qui utilise la robotique intelligente pour traiter des tumeurs dans tout le corps. Il s’agit d’une radiothérapie stéréotaxique (soit très précise) à visée curative et conservatrice dans de nombreux domaines, notamment chez des patients fragiles inopérables ou ayant déjà bénéficié d’une irradiation.

Cet appareil associe trois caractéristiques que sont la haute précision, l’association à un système de suivi de la cible durant l’irradiation (diminution de la toxicité) et la grande conformation au volume cible (augmentation de l’efficacité).

Les indications :

  • Cancer du poumon Stade I voire II
  • Métastase pulmonaire isolée
  • Cancer du primitif Foie (Carcinome Hépato Cellulaire) < 6 cm de diamètre
  • Métastase Hépatique isolée
  • Cancer du sein T2>3cm ou T3 : chimiothérapie première et 3 séances de Cyberknife® pour obtenir
  • une réponse complète, suivies d’une tumorectomie
  • Métastase cérébrale isolée
  • Tumeur cérébrale diverse (méningiome, neurinome etc…) à traiter par stéréotaxie.

L’intérêt clinique :

  • Faible pénombre des faisceaux
    L’accélérateur linéaire faible énergie (6 MV) du CyberKnife® est miniaturisé. Il utilise des collimateurs circulaires fournissant un faisceau dont la pénombre est très faible.
  • Excellents degrés de liberté
    L’accélérateur est embarqué sur un bras robotisé disposant de 6 degrés de liberté (6 axes de mobilité), ce qui offre une très grande flexibilité de ciblage et d’orientation du faisceau.
  • « Tracking »
    C’est sans doute l’un des avantages principaux de cet appareil : le système d’imagerie rayons X est complété par un système optique de suivi de cible en temps réel permettant de repérer en permanence la lésion à irradier. Un gain thérapeutique important est attendu pour les tumeurs mobiles, situées par exemple au niveau pulmonaire, rénal, hépatique…
  • Précision
    L’extrême précision dont est capable le CyberKnife® le réserve en premier lieu aux tumeurs dont la limite avec les tissus sains est aisément définissable en imagerie (scanner, IRM, TEP). Cette précision va permettre de délivrer une dose supérieure à la tumeur en diminuant la dose reçue par le tissu sain.
  • Ré-irradiation
    Les avantages techniques du CyberKnife® permettent d’envisager des traitements par irradiation dans les rechutes des cancers ORL en territoire irradié, les rechutes pelviennes de primitifs ano-rectales, les métastases osseuses,…

 

Protonthérapie

Référents : Dr Jérôme DOYEN – Dr Pierre-Yves BONDIAU – Dr Juliette THARIAT
Qu’est-ce que la protonthérapie ?
La protonthérapie est une radiothérapie utilisant des faisceaux de protons.
Grâce aux caractéristiques du ralentissement des protons dans la matière, elle permet de cibler très précisément le volume tumoral à traiter : elle délivre une dose quasiment nulle au-delà de la cible.
Le radiothérapeute peut ainsi traiter des tumeurs situées à proximité d’organes très sensibles. Grâce à la protonthérapie, la dose délivrée aux tissus environnants est bien plus faible qu’en radiothérapie classique, tout comme la dose intégrale reçue par le patient ce qui réduit les risques d’apparition de cancer radio-induits. Ainsi, l’efficacité est augmentée et le risque de complications est diminué.

Les points forts de la protonthérapie

  • Délivrance précise de la dose de radiothérapie
  • Diminution de la dose reçue par les organes adjacents
  • Des effets secondaires réduits par un ciblage plus précis de la tumeur
  • Amélioration de la qualité de vie pendant et après le traitement

Dès 1991, le Centre Antoine Lacassagne se dote du 1er appareil de protonthérapie de basse énergie en France
Medicyc, premier appareil de protonthérapie de basse énergie, a été spécialement conçu et calibré pour les traitements des mélanomes de l’œil. C’est une configuration unique au monde. Une seule cure de 4 séances de protons est suffisante, grâce à un faisceau d’une très grande précision, permettant une guérison dans plus de 70% des cas.

A ce jour, le Centre a traité plus de 5 500 patients venus du monde entier et détient une expertise mondialement reconnue et validée par de nombreuses publications.
En 2016, Le Centre élargit son offre de protonthérapie avec le Proteus® One, premier équipement de protonthérapie haute énergie nouvelle génération à être installé au monde
Afin de poursuivre les innovations et de conserver une longueur d’avances dans le traitement des cancers, le Centre Antoine Lacassagne s’est équipé en juin 2016 du Proteus® One et a inauguré l‘Institut Méditerranéen de ProtonThérapie.
En effet, avec le Medicyc, accélérateur de protonthérapie basse énergie destiné aux traitements des tumeurs oculaires, le Proteus® One permet de traiter toutes les autres tumeurs, notamment pédiatriques.

Le Proteus® One est un système de Protonthérapie compact qui a été conçu pour qu’un plus grand nombre de patients puisse bénéficier de cette technique de traitement.

Outre les qualités balistiques intrinsèques des faisceaux issus d’un système de protonthérapie, ce nouveau prototype intègre une technique d’irradiation unique développée à Nice à l’aide du Pencil Beam Scanning « PBS » (balayage en pinceau fin), qui permet d’élaborer des plans de traitement plus simples et précis à la fois, avec une distribution de dose qui épouse parfaitement le volume de la tumeur irradiée.

Les indications :

  • Les tumeurs usuelles chez les enfants traitées aujourd’hui par les appareillages classiques. Ce système de haute précision de traitement des tumeurs chez l’enfant permet d’éviter l’irradiation des tissus sains avoisinants et prévient l’apparition de cancers radio-induits dont la probabilité augmente fortement chez l’enfant du fait d’une longévité plus importante que l’adulte.
  • Les tumeurs de la base du crâne
  • Les tumeurs para-rachidiennes
  • Les chordomes et chondrosarcomes

Toutes les brochures d’information sont disponibles ici

Et sur le site de l’Institut Méditerranéen de ProtonThérapie