Démarrage de l'activité de photobiomodulation

Une nouvelle méthode de traitement par la lumière : la photobiomodulation (PBM).

Cette technique innovante prévient et réduit certains effets secondaires
des traitements contre le cancer pour améliorer le confort des patients.

PHOTOBIOMODULATION 1

Cette nouvelle activité est née d’un projet commun entre le Département de Radiothérapie (Dr Déborah Aloi) et le service de prise en charge de la douleur du Département des Soins de Support (Dr Anne Fogliarini).

Cette technique non douloureuse et non invasive utilisant la lumière est employée pour ses propriétés antalgiques, anti-inflammatoire et cicatrisantes.

La photobiomodulation est aujourd’hui en plein essor grâce à des découvertes récentes sur ses mécanismes d’action au niveau cellulaire et les progrès de paramétrage des nouveaux appareils.

Le Centre Antoine Lacassagne vient de s’équiper de deux dispositifs de photobiomodulation : l’ATP 38 et le THOR.

Comment la lumière soigne-t-elle ?

Les cellules contiennent des mitochondries qui sont des sortes d’usine à énergie. Cette énergie est essentielle au bon fonctionnement de nos cellules. Or, il peut arriver que l’activité des mitochondries soit moins bonne notamment en cas d’inflammation.

La lumière est ainsi capable d’optimiser ce fonctionnement et de favoriser l’activité cellulaire et la production d’énergie.

Elle peut agir à différents niveaux :

  • favoriser la cicatrisation en relançant la production de collagène
  • réduire l’inflammation en diminuant la production de molécules pro inflammatoire
  • soulager les douleurs en réduisant l’inflammation et le stress oxydatif.

Quelles sont les indications ?

L’efficacité de la PBM est bien démontrée pour les mucites à la fois en prévention et en séquelles : les patients ont moins recours à l’utilisation de sonde gastrique pour s’alimenter et à l’utilisation d’antalgiques pour gérer la douleur.

De façon générale, les douleurs multimorphes complexes du cancer peuvent être traitées par PBM quel que soit leur mécanisme. Il nous faudra déterminer à quel moment, avec quel patient et selon quelles modalités dans la stratégie thérapeutique nous pouvons proposer cette approche : douleurs neuropathiques notamment séquellaires (post chimiothérapie), douleur nociceptive (tendinopathie syndrome myofascial etc…)

En pratique

Comment est générée cette lumière qui soigne ?

On dispose de deux équipements qui produisent une lumière à partir de laser ou de LED, ces lumières peuvent être de différentes couleurs qui correspondent à une longueur d’onde particulière.

Nous utiliserons plutôt la lumière rouge qui a un pouvoir cicatrisant, antalgique et anti-inflammatoire. Plus la longueur d’onde est importante, plus la lumière peut pénétrer profondément dans le tissu.

Dans tous les cas, la technique est non invasive, indolore et la lumière ne produit pas de chaleur. C’est pour cela que l’on parle de « soft laser » ou de « laser froid ».

A quoi ressemblent les séances de photobiomodulation ?

Les séances de PBM durent en moyenne 15 minutes.

L’appareil est choisi en fonction de l’indication :

  • ATP 38 : appareil avec des panneaux orientable qui peuvent par exemple entourer toute la cavité buccale en cas de radiomucite, la région mammaire en cas de radioépithélite, les mains ou les pieds en cas de neuropathies périphériques.

  • THOR : appareil avec des douchettes ou des sondes qui permettent une action ciblée par exemple un trismus en application sur les articulations temporo mandibulaires ou des zones ponctuelles comme des zones gâchette dans le syndrome myofascical.

Au bout de combien de temps obtient-on des résultats ?

L’efficacité, la rapidité et la longévité dans le temps des résultats obtenus peuvent être très différents selon les patients avec une amélioration qui peut survenir dans les jours ou les semaines qui suivent la séance. Selon les indications, les recommandations sont différentes, et il faut prévoir souvent 2 à 3 séances par semaine pour une durée de 4 à 6 semaines. La possibilité d’éventuelles séances d’entretien pourra être discutée.

Comment adresser un patient ?

Le service douleur est actuellement en cours de développement d’un parcours pour la prise en charge des douleurs séquellaires afin que les séances de PBM puissent s’intégrer aux possibilités thérapeutiques à proposer aux patients.

Les médecins radiothérapeutes ont commencé à prendre en charge les patients ORL en cours de radiothérapie.

Afin d’obtenir une consultation pour douleur séquellaire, il faut contacter le Département des Soins de Support.