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La démarche éthique des établissements permet de donner un sens aux pratiques et de se questionner sur nos propres pratiques professionnelles.

Les valeurs auxquelles se réfère l’action du groupe de réflexion éthique, le Comité Ethique, se résument à quelques mots clés : ouverture et hospitalité, parole et dignité, compétence et bienveillance, respect des limites, innovation et institution.

L’éthique se différencie de la morale dans le sens qu’elle n’est pas un corps de doctrine, un ensemble de certitudes impératives, de l’ordre du permis/défendu. L’éthique est une recherche, une démarche un point de départ plutôt qu’un point d’arrivée. Appliquée au milieu hospitalier, elle s’applique à réfléchir sur les pratiques, les conduites à tenir non pas selon les critères de la seule efficacité médicale et/ou de la rationalité économique, mais au-delà, en fonction de critères philosophiques relevant de l’humanisme occidental (bien-être, liberté, autonomie, dignité, respect, acceptation de la différence etc.).

Ces critères sont nombreux et prennent un contenu et une importance relative selon la sensibilité de chacun. C’est pourquoi certaines situations provoquent parfois des blocages au sein des équipes soignantes ; à l’inverse, des questions qui mériteraient de l’être ne sont pas posées. Le Comité Ethique de l’établissement en est saisi et donne son avis, une recommandation d’action. C’est de l’ordre du compromis unique hic et nunc. C’est pourquoi cela ne peut pas être transposé d’un établissement à l’autre.

La réglementation hospitalière recommande la création d’un comité dans chaque établissement en associant diverses catégories de personnels autour du représentant du comité et de la Direction.

Un tel comité ou plutôt, groupe de réflexion éthique au Centre Antoine Lacassagne pourrait associer directeur ou membre de la Direction, médecins, infirmiers, aides-soignantes, personnes qualifiées pour leurs compétences en éthique, ou pour leur intérêt pour cette dernière.

Le rythme pourrait être au moins quadri annuel ou plus en cas d’urgence. La question éthique est profondément humaine. Elle nous fait réfléchir sur nos désirs, nos interrogations sur les limites dont nous avons besoin pour nous humaniser et sur le sens de nos pratiques et de notre vie.

Aborder l’autre (un collègue, patient, étudiant, famille) non comme un objet mais comme une personne dans sa globalité est le chemin le plus sûr sous les pas de notre démarche.

L’accueillir dans sa spécificité et le respect de ses valeurs de vie devient alors possible. Devant toute situation nous devons attacher une grande importance à la parole qui apaise, qui humanise aussi, et qui éclaire le discernement. Se posent aussi des questions existentielles suscitées par toute situation de vulnérabilité y compris à l’égard des salariés et des étudiants en formation.

Le soulagement de la souffrance, de la douleur, la résolution des conflits appellent un consensus toujours délicat. Il faut toujours essayer d’éviter, sans toujours y parvenir, que la démarche éthique se réduise à un catalogue d’idées généreuses qui nous donnerait bonne conscience.

Nous ferons en sorte qu’elle imprègne l’ensemble de nos pratiques de vie et forge une véritable culture d’institution. Le groupe, très investi, s’est réuni une première fois en avril et continuera sa construction en débutant par la rédaction d’une charte.

Dr Marilyn KALFA-DESNOYERS
Médecin Gériatre
Hospitalisation B4