PRISE EN CHARGE DES CANCERS GYNECOLOGIQUES

Les cancers gynécologiques regroupent les cancers de l’endomètre (corps de l’utérus), du col de l’utérus, de l’ovaire, de la vulve et du vagin.

Le Centre Antoine Lacassagne propose une prise en charge globale et personnalisée, avec des délais accélérés dans toutes les phases du parcours de soins, allant du diagnostic à l’analyse oncogénétique, et en effectuant toutes les modalités de traitement : chirurgie, chimiothérapie, thérapies ciblées, radiothérapie et curiethérapie.

Le cancer de l’endomètre – ou cancer de l’utérus

Le cancer du corps de l’utérus se développe, le plus souvent, à partir de l’endomètre, c’est-à-dire depuis la muqueuse qui tapisse l’intérieur de l’utérus, ce qui explique que les médecins utilisent souvent le terme de « cancer de l’endomètre » pour le désigner.
Avec 8 220 cas estimés en 2018 en France, c’est le cancer gynécologique le plus fréquent et la 4ème cause de cancer chez la femme après les cancers du sein, du côlon et du poumon. Il touche généralement les femmes après la ménopause, l’âge moyen du diagnostic est de 69 ans. Il est diagnostiqué dans 75% de cas à un stade précoce. En effet, ce cancer est souvent responsable de saignements anormaux ce qui alerte rapidement et permet une prise en charge rapide. L’obésité, le diabète et les traitements hormonaux à base d’œstrogènes sont les facteurs de risque classiques.
C’est un cancer dont le pronostic est bon avec une survie nette de 75 % à 5 ans et de 68 %, à 10 ans. Le pronostic est même excellent pour le stade 1 (limité à l’utérus) avec 90% de survie après 5 ans.
Le traitement consiste le plus souvent en une chirurgie comprenant une hystérectomie totale avec ablation des annexes (ovaires et trompes). Cette chirurgie est réalisée généralement par cœlioscopie (chirurgie mini-invasive). Selon le type de cancer et les examens d’imagerie pré-opératoire, la chirurgie peut aussi comprendre l’ablation de ganglions. En fonctions des résultats, elle peut être suivie de radiothérapie voire de chimiothérapie.

➥ Au Centre Antoine Lacassagne :
Une consultation d’hystéroscopie diagnostique est dédiée aux patientes qui ont une suspicion de cancer de l’endomètre (soit des patientes ménopausées qui ont des saignements, soit des patientes chez qui on a découvert un épaississement de l’endomètre lors d’une échographie). Il s’agit, lors d’une consultation, de visualiser l’intérieur de la cavité utérine au moyen d’un hystéroscope souple et éventuellement faire des biopsies. Les consultations d’hystéroscopie ont lieu tous les jeudis.


Le cancer du col de l’utérus 

Ce cancer est très différent de celui qui affecte le corps de l’utérus. C’est un cancer de type épidermoïde, lié à une infection par le Papillomavirus (HPV) dans près de 100 % des cas. Il touche la partie inférieure de l’utérus, située au fond du vagin.
Le dépistage est très facile, grâce à la pratique des frottis qui a permis de diminuer de moitié le nombre des nouveaux cas, ainsi que le nombre des décès, depuis 20 ans. Le traitement de la maladie à un stade de « cancer in situ » est pratiquement toujours suivi d’une guérison.
C’est une maladie que l’on peut prévenir par la vaccination des jeunes filles contre le papillomavirus.
C’est la 12ème cause de cancer chez la femme avec 2 920 nouveaux cas en 2018 en France. Il peut survenir à tout âge, mais touche des femmes plus jeunes que le cancer de l’utérus : l’âge médian de découverte est de 53 ans.
Le traitement dépend du stade de la maladie, qui est déterminé par l’examen clinique et une IRM pelvienne. Il peut être chirurgical, ou consister en une radiothérapie associée à une chimiothérapie, suivie parfois d’une Curiethérapie.

➥ Au Centre Antoine Lacassagne :
Les consultations de colposcopie permettent l’exploration rapide de toute anomalie du col utérin dépistée par le frottis. Le service de radiologie est expert en imagerie de la femme et permet l’évaluation optimale de la maladie grâce à l’IRM pelvienne.


Le cancer de l’ovaire 

Le cancer de l’ovaire (cancer ovarien) est une maladie relativement peu fréquente. Ses causes précises sont encore, actuellement, mal connues.
La plupart des cancers de l’ovaire résulte de la transformation maligne des cellules du tissu de surface de l’ovaire ou de la trompe, qui est en contiguïté avec le péritoine (l’enveloppe qui tapisse l’intérieur de la cavité abdominale).
Avec près de 5 200 nouveaux cas estimés en 2018, le cancer de l’ovaire se situe au 5ème rang des cancers féminins.
L’âge médian de découverte est de 68 ans. Il n’existe pas d’examen de dépistage fiable et sensible. Ce cancer reste très longtemps asymptomatique. C’est pourquoi il est souvent diagnostiqué à un stade avancé et son pronostic reste réservé. Néanmoins la recherche avance et de nouvelles thérapies se développent. La survie nette en 2018 était de 40 % à 5 ans et de 32 % à 10 ans et est en nette en amélioration.
Parce qu’il s’agit d’une maladie rare et grave, le cancer de l’ovaire nécessite une prise en charge dans un centre spécialisé, par des équipes expertes. C’est la garantie de bénéficier de traitements le plus rapidement possible et d’avoir accès aux essais thérapeutiques. La prise en charge associe le plus souvent chirurgie et chimiothérapies.
Certains cancers de l’ovaire sont d’origine génétique, liés le plus souvent à une mutation des gènes BRCA 1 ou 2. Cette information est essentielle à rechercher pour guider au mieux les traitements.

➥ Au Centre Antoine Lacassagne :
Le Centre Antoine Lacassagne concentre tous les spécialistes nécessaires à une prise en charge multidisciplinaire dans les meilleures conditions : oncologues médicaux, chirurgiens, radiologues spécialisés en imagerie de la femme, généticiens, assistants de recherche clinique.


Le cancer de la vulve

C’est une maladie rare : moins de 1.000 cas par an en France en 2018 soit moins de 5 % des cancers féminins. L’âge médian au diagnostic est de 77 ans. Il peut toucher les petites ou les grandes lèvres, mais aussi le clitoris, ou l’entrée du vagin (le vestibule).
Les états précancéreux sont les facteurs de risque principaux : ne jamais les négliger et consulter au moindre doute :
– L’infection à Papillomavirus : Comme pour le cancer du col, ce virus est impliqué dans la cancérisation de la vulve. L’infection et donc la cancérisation pourraient être prévenues par la vaccination préventive.
– Le lichen scléreux leucoplasique (L.S.A) : pathologie se développant plutôt chez la femme de 50 ans ménopausée. Il s’agit de lésions d’aspect blanc nacré. L’amélioration rapide sous dermocorticoïdes est un signe pathognomonique de lichen scléreux
– La maladie de Paget : elle entraîne de forte démangeaisons et prend l’aspect de plaques plus ou moins suintantes ou croûteuses, qui peuvent ressembler à de l’eczéma.
– Les leucoplasies : plaques blanches épaisses, sèches et rugueuses.
– La maladie de Bowen
Ces pathologies sont rares et mal connues. Au moindre doute, il ne faut donc pas hésiter à réaliser une biopsie. Le traitement reste l’exérèse chirurgicale précoce et complète. D’autres méthodes comme les antimitotiques locaux, la radiothérapie,  la cryothérapie, le laser, la thérapie photodynamique peuvent constituer des alternatives.


Le cancer du vagin 

C’est le cancer gynécologique le plus rare : il représente 1 à 2 % des cas de cancers, il touche moins de 1.000 femmes par an et affecte surtout la femme âgée.
Il peut se manifester par des saignements anormaux, après la ménopause, des douleurs à l’occasion des rapports sexuels (dyspareunie), des douleurs du bas ventre, des signes urinaires, plus tardivement, en raison d’une compression urétérale lors de l’extension de la tumeur.
Sa prise en charge est complexe, fait intervenir plusieurs spécialités (chirurgiens, radiothérapeutes, oncologues médicaux) et nécessite un avis spécialisé.

Innovation : la Coelioscopie 3D

La plupart des interventions en gynécologie peuvent être réalisées par voie mini-invasive, c’est-à-dire sans pratiquer une large incision, en introduisant une optique par le nombril : la cœlioscopie.
Le Centre Antoine Lacassagne dispose d’une caméra permettant la réalisation de cœlioscopies en vision 3D. Cela permet de recréer sur écran les conditions de la vue réelle améliorant de fait l’efficacité et la précision du geste du chirurgien. Cette technologie peut bénéficier aux patientes atteintes d’un cancer du col de l’utérus ou du corps utérin mais aussi pour certaines formes précoces du cancer de l’ovaire

Département d’Oncologie Médicale

Dr Philippe Follana
Dr Angélique Saint
Dr Véronique Mari (Onco-génétique)

Département de Chirurgie Sénologique, Onco-gynécologique et Reconstructrice

Pr Emmanuel Barranger
Dr Yann Delpech
Dr Marie Gosset

Département de Radiothérapie

Dr Marie-Eve Chand Fouché
Pr Jean-Michel Hannoun-Lévi
Dr Shakeel Sumodhee
Dr Lucile Montagne