REalité Virtuelle pour l’Enfant en Radiothérapie

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Le Centre Antoine Lacassagne lance deux projets pour évaluer la diminution du stress chez les jeunes patients utilisant un masque de réalité virtuelle avant leur séance de radiothérapie et étendre l’utilisation de ceux-ci dans l’ensemble des établissements pédiatriques nationaux.

Le traitement de certains cancers pédiatriques nécessite une irradiation. Celle-ci peut être réalisée par différentes techniques : classique, tomothérapie, protonthérapie. Dans tous les cas, le positionnement précis sous la machine de traitement est un processus itératif, nécessitant des contrôles. Ces traitements sont générateurs de stress chez l’enfant car il est nécessaire de garder une position fixe pas forcement confortable. Plus le stress augmente plus le positionnement est long ce qui génère à nouveau un stress et contribue à rendre la position de traitement inconfortable. Le traitement par irradiation nécessite des séances longues.

L’hypothèse d’étude est que le casque de réalité virtuelle permettrait de diminuer le stress lié au positionnement. L’utilisation des casques de réalité virtuelle devrait donc s’accompagner d’une diminution sensible du stress des enfants et faciliter le positionnement précis.

Le Centre Antoine Lacassagne a fait une première évaluation en 2018. Les premiers résultats étaient intéressants et ont été présentés au Groupe Français des Radiothérapeutes Pédiatrique (GFRP) qui était intéressé par le développement de cette technique chez l’enfant.

Deux projets complémentaires ont été écrits : l’un porté par Mme Amandine Starzyk, manipulatrice en radiothérapie, a comme objectif d’évaluer cliniquement l’efficacité des casques de réalité virtuelle par la diminution du stress chez l’enfant. Le second, porté par le Dr Pierre-Yves Bondiau, a pour but de doter de casques de réalité virtuelle l’ensemble des établissements pédiatriques nationaux.

Projet d’évaluation clinique pour évaluer la diminution du stress chez l’enfant porté par Mme Amandine Starzyk

L’étude sera proposée aux patients lors d’une consultation avec un radiothérapeute au Centre Antoine Lacassagne. Il expliquera l’essai proposé et le déroulement de l’étude. Une note d’information et un consentement éclairé seront remis aux parents,  ainsi qu’une notice spécifique à l’enfant selon les Bonnes Pratiques Cliniques.
Les patients pourront poser toutes les questions nécessaires et disposeront d’un délai de réflexion pour donner leur réponse quant à leur participation. La signature de son consentement sera recueillie soit le jour de la proposition de l’essai, soit lors d’une consultation médicale ultérieure, pour respecter son délai de réflexion. Un complément d’information et un descriptif précis du procédé de réalité virtuelle seront aussi présentés par la coordinatrice de protonthérapie lors de la consultation d’annonce.
Lors de sa première séance, le jeune patient sera accueilli 15 à 30 min avant par l’aide-soignant(e). Elle l’accompagnera dans une salle attribuée à la pédiatrie et l’installera confortablement, en toute sécurité afin d’optimiser le processus de mise en place du casque de réalité virtuelle. Lors de cette installation, elle lui proposera plusieurs programmes de sédation digitale afin obtenir un effet optimal sur la réduction de l’anxiété.
L’objectif primaire de cette étude sera la mesure du temps de positionnement sur la table de traitement. L’objectif secondaire sera l’évaluation du stress du jeune patient (par un questionnaire avant le positionnement).
Les réponses apportées à l’aide d’une échelle d’évaluation nous indiqueront une appréciation relative de la situation. Le jeune patient pourra alors se diriger avec les manipulateurs dans la salle de traitement afin de pouvoir commencer l’installation. C’est au moment où l’enfant s’allongera sur la table de traitement que les manipulateurs mettront en marche le chronomètre indiquant alors le début de l’installation. Ce chronomètre sera arrêté à la fin de la séance.
Les éléments évalués tels que la durée du positionnement et le nombre de clichés effectués seront reportés sur un tableau. Ces derniers seront les indicateurs de notre étude. Il est important de noter que les clichés effectués lors d’un traitement en radiothérapie pédiatrique sont des outils indispensables à la qualité du traitement (radioprotection de l’enfant).
La population de l’étude concerne des enfants traités en protonthérapie, âgés de 6 à 14 ans après signature du consentement avec les deux parents et de l’enfant.
On envisage une étude comparant le port du casque de réalité virtuelle une semaine sur deux. Concernant le « Bras A » l’enfant commencera la première semaine de son traitement avec le port du casque de réalité virtuelle puis la deuxième semaine sans, et inversement pour le « Bras B » ou le port du casque ne commencera que la deuxième semaine de traitement. Et ce jusqu’à la fin de leur traitement pour les deux bras de l’étude.
Cette étude sera prise en charge par l’équipe de la protontherapie qui a une longue expérience de la prise des patients pédiatriques accompagnés par la Délégation à la Recherche Clinique pour la gestion de l’étude et du Département d’Epidémiologie et de Biostatistique pour la gestion des données et des analyses statistiques.

 Projet national pour doter de casques de réalité virtuelle l’ensemble des établissements pédiatriques nationaux porté par le Dr Pierre-Yves Bondiau

Le Centre Antoine Lacassagne, porteur du projet national a présenté un dossier de subvention pour fournir à  l’ensemble des centres pédiatrique nationaux des casques de réalité virtuelle. Le projet a été présenté à la fondation BMS qui s’est montrée intéressée par le projet. Elle a proposé son aide pour le financement de 17 casques de réalité virtuelle pour les centres de radiothérapie pédiatrique français, ainsi que la formation et une licence d’utilisation sans limite de temps.

La livraison des casques de réalité virtuelle a commencé auprès de l’ensemble des 15 sites pédiatriques de France.